Edward C. MOORE, fut sans contexte le plus grand orfèvre que l'Amérique de la fin du XIXème siècle ait connu.
Peu disert ni enclin aux interviews et communications diverses il reste peu de documents écrits d'époque sur lui, par contre son œuvre immense au sein des studios de création, et de la compagnie Tiffany & Co, allant de la création complète des pièces d'orfèvrerie à la mise en place d'écoles d'arts décoratifs au sein même de la firme.
Lorsque en 1837 fut fondé Tiffany&Co, la famille Moore était déjà établie depuis plus de dix ans à New York en tant qu'orfèvre et travaillait avec Marquand & Co, Ball, et Kirk & sons.
En 1847, Charles Lewis Tiffany reconnaissant la qualité indiscutable du travail, et le mérite de John C Moore, il demanda l'exclusivité de sa production.
C'est à ce moment que son fils Edward C. Moore prend les rênes de l'atelier de création de Tiffany. Rapidement, il devint " le prince des orfèvres " et à chaque exposition universelle reçu la plus haute récompense.
Chacun de ses voyages en Europe (dès 1855 comme en témoigne un de ses carnets de croquis) destinés à la visite des succursales de Londres et de Paris devient le prétexte pour visiter les différents antiquaires et marchands. La rencontre avec le collectionneur et marchand Siegfried Bing semble déterminante pour les deux hommes qui se découvrent une passion commune pour le Japonisme. Bing voit en lui un visionnaire et n'hésite pas à déclarer : " La résurgence due à la clairvoyance d'un homme auquel son pays devrait éternellement rendre hommage, Edward C. Moore, directeur artistique de la célèbre maison Tiffany & Co, fut l'un des premiers à comprendre la valeur réelle des trésors venant de l'Orient ".
La collaboration entre Moore et Tiffany prend un essor des plus remarquables, dans leurs influences réciproques, par leur recherche sur le " naturalisme ". C'est Edward C. Moore qui encourage les rapports entre Emile Gallé et la firme Tiffany au travers de ces voyages en Europe. L'exposition universelle de 1889 fut d'ailleurs celle de la révélation pour Tiffany dans son approche naturaliste du verre. Par la suite, l'idée d'associer verre et argent, japonisme et Art Nouveau donnera naissance à des interprétations "américaines" de ces techniques sans que leur originalité ne puisse être contestée.
A sa mort en 1891, il lègue au Metropolitan de New - York, une importante partie de sa collection d'archéologie et de verrerie islamique. Jamais Moore ne cessera de collectionner. Certaines de ces pièces sont visibles dans le cadre de l'exposition " Trente chefs d'œuvre des arts de l'islam du Metropolitan Museum de New York ", actuellement présentée au musée du Louvre.
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